
Rencontre avec Anaïs MVA avant son passage au Weekend des Curiosités à Toulouse ce vendredi soir.
Jeune autrice-compositrice-interprète formée sur les bancs du conservatoire, ANAÏS MVA possède un solide répertoire et de nombreux fans à seulement 22 ans. Avec ce dernier EP, elle nous bouleverse et est prête à rencontrer le public toulousain ce vendredi 31 mai pour le Weekend des Curiosités.
Première question dans quel état d’esprit es-tu avant les prochaines dates de concert ?
Alors ça dépend, festival et concert, c’est différent, même si je n’ai pas fait beaucoup de l’un ou de l’autre, mais dans tous les cas il y a de la hâte de retrouver le public. En festival, c’est un petit peu différent, parce que comme c’est pas 100 % notre public c’est plus une rencontre où on va se présenter.
La scène d’ailleurs, ça représente quoi pour toi ?
J’ai vraiment fait que cinq dates jusque-là, du coup ça change un peu à chaque fois, mais dans tous les cas c’est un endroit où je me sens bien. J’aime trop chanter donc c’est que du plaisir je crois.
Comment on travaille les morceaux pour la scène justement ? Est-ce qu’ils sont pensés pour la scène ?
Alors les morceaux que je fais en ce moment, ils ne sont pas pensés pour la scène parce que je les ai tous fait avant mon premier concert donc je pouvais pas vraiment me rendre compte de ce que c’était, mais ils ont tous été réarrangés pour que ça rende bien en live quoi. Mais dans le futur, oui, c’est clairement quelque chose que j’aurai en tête quand j’écrirai des nouveaux titres, dès la première phase de création de titre
On va parler de ça, justement, c’est quand même une première rencontre avec le public toulousain. D’abord comment es-tu arrivée à la musique ou comment la musique est arrivée à toi peut-être ?
Je ne sais pas qui est arrivé à qui ! Je pense que c’est un peu des deux, j’ai commencé par le violon. J’ai fait du violon conservatoire pendant 10 ans et à côté je me suis mise à toucher à la guitare, au piano et j’ai commencé à chanter. Ça s’est fait un petit peu naturellement. J’ai commencé tellement tôt que j’ai l’impression que ça fait vraiment partie de moi. J’ai fait l’éveil musical, j’avais trois ans et le violon j’ai commencé à six et tout est venu en même temps. Mon cadeau d’anniversaire à 13, 14 ans, c’était un clavier et je passais des nuits entières dessus pour apprendre à jouer des morceaux que j’aimais bien.
A quel moment on décide de sortir la musique de sa chambre et de la partager aux gens ?
C’est un truc que j’ai toujours fait, je crois, de partager ma musique parce que je pense que la musique on la fait en premier pour soi, puis pour le public. Enfin, moi je sais que je la fais en premier pour moi parce que ça me fait du bien à moi, mais ensuite c’est aussi naturel de vouloir la partager avec les gen,s parce que c’est vraiment un truc qui est fait pour être écouté quoi. J’ai toujours partagé sur les réseaux des petits trucs, et c’est en 2022 que j’ai vraiment commencé à écrire mes chansons et à partager mes chansons. Et puis, ça a pris une dimension complètement différente
Et en même temps j’ai cru lire que tu faisais des études de médecine c’est ça ?
Oui grave, là je suis en train de réviser mes partiels.
Comment on arrive à mêler l’un et l’autre ?
Avec des burnout et des rattrapages en août. Non je suis pas du tout forte dans les deux, je ne suis pas la première de ma promo loin de là. En fait je ne savais pas que j’allais faire de la musique ou que c’était possible. Du coup je me suis inscrite pour faire des études parce que dans ma famille tout le monde a fait des études. Je suis dans une famille de profs. Du coup pour eux, l’école est super importante, et pour moi aussi d’ailleurs.
Comment fonctionne ton processus créatif ?
Ca change. Pour mon premier EP, c’était de l’écriture très instinctive, j’avais les paroles et la mélodie. En même temps je réfléchissais pas du tout au thème. Je pouvais être en train de marcher vers le métro, je pouvais être en train de travailler parce que j’avais un job étudiant. Le deuxième EP, il y a beaucoup de ça aussi. Je crois que c’est le truc le plus naturel. Et sinon j’apprends de plus en plus à écrire en studio. J’apprends aussi à écrire sur une boucle que mon producteur est en train de faire. Ou d’abord trouver une mélodie trop cool et me dire à quoi correspond le texte. Mais je suis intimement convaincue que les mélodies ressemblent au texte, et c’est un peu comme si on traduisait les mélodies en texte à chaque fois. Une bonne chanson, c’est quand les deux se correspondent. Du coup j’essaie de penser à lier les deux.
Et tu sens une évolution justement entre ces deux EP ?
Surtout au niveau de la production. Parce que les thèmes, ça reste quand même autobiographique, donc ça ne change pas tant pour moi, enfin moi je m’y retrouve en tout cas, mais dans les productions c’est vrai qu’on va vers un truc qui me ressemble plus. Parce que le premier EP, je suis quand même allée à fond dans les effets, et avec du recul, je trouve que c’est pas assez mature, et j’aimerais aller vers quelque chose de plus intemporel et je trouve que c’est ce qu’on a fait avec le deuxième EP donc je suis assez contente.
Il y a des chansons très fortes aussi dans cet EP, je pense à « XS » ou « Corps inerte », tu peux me dire deux mots sur ces chansons ?
Sur le papier c’est des sujets qui sont forts, mais depuis que je les ai sorties, je me suis rendue compte qu’en fait c’est pas des sujets qui touchent une si petite partie de la population que ça, c’est surtout qu’on en parle pas. Parce qu’on a peur de déprimer les autres, ou on a peur d’être vu comme déprimant, je ne sais pas exactement pourquoi. Pour moi « Corps inerte » c’est ça, et je pense que c’est plus universel que ce qu’on pense, même si c’est dur. « XS », c’est pareil ça parle du rapport à la nourriture en tant que fille, parce que je suis une fille et une fois que j’ai sorti cette chanson je me suis rendue compte qu’en fait toutes les filles, vraiment toutes les filles, que je connais de près ou de loin, ou qui m’écoutent, pouvaient se reconnaître un minimum dans les paroles. Donc je sais pas si c’est toujours si dur que ça, ou si c’est en fait juste la norme, mais on n’en parle pas. En tout cas je suis contente d’en parler, parce que ça permet de se rendre compte qu’on n’est pas seul et à partir de là, c’est plus facile d’aller mieux.
La suite pour toi c’est une préparation d’album ? Des concerts ?
Oui, on a une tournée qui commence en novembre prochain et l’album j’espère réussir à faire un truc dont je serai fière et on verra. Pour l’instant on est sur le deuxième EP, il vient juste de sortir, enfin les trois dernières chansons viennent de sortir, les concerts en novembre, et puis moi entre-temps je ferai du studio. Et si un jour je suis assez fière des chansons que j’ai écrites, on appellera ça un album.