
Le groupe Colt sera au Weekend des Curiosités ce 1er juin. Rencontre avec Antoine pour évoquer leur premier EP et leur aventure en duo avec Coline.
COLT, c’est le nouveau phénomène musical belge. Le duo bruxellois se démarque par sa créativité et son énergie, en devenant l’un des groupes les plus prometteurs de la scène pop francophone.
Anciennement connus sous le nom de Coline & Toitoine, leur histoire a pris racine dans l’amitié. Une fusion harmonieuse où la voix et l’émotion à fleur de peau de Coline se mêlent à l’univers singulier, envoûtant, presque lunaire d’Antoine. Rencontre avant leur passage à Toulouse ce samedi 1er juin.
Vous en êtes en concert pour le Weekend des Curiosités samedi. Impatients ?
En fait, ça va être la première fois pour nous qu’on va faire une vraie tournée, où on fait vraiment tout le tour de la France, parce qu’en étant belges, on n’a pas encore eu la possibilité de faire ça donc on a vraiment hâte.
Que représente la scène pour vous à la différence du studio ?
Je pense que ce sont vraiment deux choses très très différentes, la période de composition et le moment sur scène. C’est deux choses qui sont complémentaires et qu’on aime vraiment bien faire tous les deux. Le fait de voir les réactions du public en live et de pouvoir vivre la musique directement avec eux, c’est vraiment quelque chose qu’on attend avec impatience. En plus, maintenant, on partage la scène avec trois musiciens et une musicienne qui nous accompagnent. Place à une expérience tout à fait différente du studio, donc on prend vraiment beaucoup de plaisir à transmettre notre énergie au public.
On pense à la scène quand on écrit une chanson ou on la travaille après pour la scène ?
Ca arrive que maintenant, dès le moment de la composition, on pense à la manière dont ça va être transmis sur scène. Pour autant, je pense qu’il faut aussi garder « les deux choses séparées » . On prend aussi beaucoup de plaisir à faire des réarrangements de nos titres qui marchent bien en studio pour qu’ils marchent encore mieux en live. Souvent, c’est plus une ré-adaption qu’on fait, même si ça arrive qu’on compose en ayant déjà dans un coin de la tête l’adaptation live.
On va revenir un peu sur l’histoire du groupe. Comment est né le groupe ?
On s’est rencontré en ligne sur Facebook, dans des groupes où on partage des musiques, en 2014 quelque chose comme ça. On venait d’arriver sur Facebook, et c’était l’époque où on se faisait des amis qu’on connaissait de nulle part juste en ligne. Assez vite, on s’est rendu compte de nos goûts assez similaire. Qu’on était en plus tous les deux Bruxellois. On a commencé à se voir en vrai et à faire de la musique ensemble et le projet est né.
Quelles sont vos inspirations musicales ?
A la base, on écoute pas mal de musiques anglophones, je sais que pour Coline il y a Lorde comme grosse influence pour elle. Moi j’aime beaucoup les producteurs américains comme par exemple Labrinth, c’est lui qui a fait la musique d’Euphoria et aussi évidemment le duo Finneas et Billie Eilish qu’on aime beaucoup. Chez nous, c’est un peu la même disposition : un producteur et une chanteuse.
Comment fonctionne le processus créatif chez vous ?
En fait, ça dépend vraiment d’une chanson à l’autre. Ça reste toujours Coline qui fait les paroles et la voix et moi qui fait les instrus, mais parfois c’est moi qui vais commencer une prod et qui vais l’envoyer à Coline qui va mettre sa voix dessus, parfois ça va être l’inverse, Coline qui arrive avec une chanson qu’elle a peut-être fait avec guitare / voix et puis moi je vais transformer la guitare en tout un arrangement. On le fait souvent à distance, mais aussi très souvent ensemble autour d’un ordinateur et d’un micro.
Il y a le choix du français aussi, parce qu’au début il y a des chansons en anglais, comment s’est passé ce passage ?
Coline a toujours écrit en français, mais c’était en cachette. C’est évidemment beaucoup plus intime de se livrer en français parce que les mots, les significations des mots sautent aux oreilles, contrairement à l’anglais où ça peut parfois être masqué. Assez récemment, elle s’est sentie prête à partager ce côté francophone avec le public. Et on est super content de l’avoir fait, parce qu’on remarque que les gens l’aiment autant en français qu’en anglais. Maintenant Coline peut s’ouvrir à fond sans « se cacher derrière une barrière anglophone ».
Quand on écoute petit à petit les morceaux, on sent de plus en plus de liberté, on s’ouvre un peu plus. Surtout dans « Chaos » : il y a un côté lâché prise, c’est comme ça qu’est venue l’idée de cet EP, cet album ?
Oui, assez naturellement ! Au moment où on est passé en français, on a fait plein de nouvelles chansons, et parmi celles qu’on a faites, on en a choisi sept qu’on préférait, qui étaient le plus abouties, et on a trouvé une certaine forme d’unicité sur ces chansons-là, donc ça nous semblait normal d’en faire un EP.
Ça reste lumineux comme musique, le dosage entre l’ombre et la lumière est important ?
Oui c’est ça exactement. Je pense que c’est quelque chose qui fait vraiment partie de notre identité, cette dualité. On aimerait porter une sorte d’espoir, et aussi avoir la conscience que tout n’est pas rose dans le monde qui nous entoure et on aimerait changer ça.
Vous êtes de Bruxelles, il y a une vraie génération pop belge, on en parle beaucoup, c’est une question très franco-française mais d’où ça vient cette énergie belge actuelle ?
En fait c’est assez difficile à dire, parce que pour nous ça paraît naturel . Est-ce que c’est lié au fait que ce soit un plus petit pays, avec une sorte de non-conformisme qui est quand même assez présent dans la culture belge, autant dans la musique que dans les autres arts. Je pense aussi au surréalisme belge en peinture, qui est un courant qui nous inspire pas mal. En fait, il y a aussi une sorte de surréalisme et de non prise de tête à faire des choses qui ne sont pas du tout conformistes, et donc je pense que c’est une démarche qui est assez courante en Belgique… c’est peut-être ça qui explique le fait qu’il y ait pas mal de musique belge qui suive ce que t’as décrit.
Comment décrirais-tu votre univers ?
En fait j’aimais bien ce que tu disais tout à l’heure de parler un peu d’un univers utopique comme un univers un peu rêvé, mais tout en gardant la conscience de toutes les problématiques actuelles de la société quoi.
Dernière question, la suite c’est des festivals et continuer de créer ?
Oui, on n’arrête jamais de créer même quand on est en période de concerts, en période de composition, de promotion, on est toujours en train de créer et puis là du coup ça sera sûrement pour un premier album qu’on a déjà commencé, et voilà y a plein de choses qu’on a trop hâte de sortir. Il y aura sûrement aussi un single qui est déjà prêt qu’on aimerait bien sortir avant l’été !