
Laura Domenge présentera son spectacle ce vendredi 1er mars à l’espace Descazeaux de Castelsarrasin, puis le 3 avril à la Salle Nougaro Toulouse pour le festival Printemps du Rire. Rencontre.
Dans son nouveau spectacle, Laura Domenge vous invite à passer la nuit avec elle. Une Nuit d’insomnie, état de grâce pour évoquer de nombreux sujets toujours avec humour. Chroniqueuse sur France Inter dans la Bande Originale, dans Piquantes sur Teva, Laura Domenge nous en dit plus sur ce spectacle mais aussi sur la création de ces personnages.
Actuellement, vous présentez votre spectacle à travers la France. Comment se passe la tournée ?
Ça va super. J’adore ce moment car on rencontre le public, on découvre la France et ses belles régions. Les spécialités régionales aussi c’est cool, ça se passe bien. Mais j’aime la tournée et être sur scène. C’est une nécessité je dirais.
Dans quel sens « une nécessité » ?
Dans le sens où, la scène c’est vraiment mon moyen d’expression. Même dans la vie, je parle peu et l’endroit où je suis le plus honnête : c’est sur scène. Et donc la nécessité de vivre plusieurs vies dans la mienne, puisque quand on est sur scène on peut être absolument qui on veut, faire des personnages. On peut sortir de la condition et du rôle auquel on est assigné généralement dans la vie.
D’ailleurs vous aimez interpréter des personnages. Est-ce qu’il y a une part de vous dans ces rôles ?
Non, il n’y a pas de partie de moi. Une partie de moi serait juste le regard que je porte sur eux. C’est plutôt des personnes que je connais, qui existent, mais sinon je ne m’inspire pas de moi, non pas du tout. Je m’inspire vraiment des gens que je connais, des gens que j’ai rencontré.
Est-ce qu’il y a des personnages plus difficiles à écrire, à imaginer ?
Non, pas du tout. Parce que ça part toujours d’anecdotes personnelles, de choses comme ça. Et moi mon premier talent c’est vraiment d’observer les gens et de les refaire. Sur Téva, j’ai quand même écrit plus d’une cinquantaine de sketchs, et c’est une cinquantaine de personnages différents. Donc c’est pas du tout un problème pour moi ça. Le problème serait plutôt « est-ce que ça va intéresser les gens ? ». C’est toujours ça que je me pose comme question.
Une dernière question au sujet des personnages : est-ce qu’on doit les aimer ?
Oui, toujours ! C’est obligatoire. Sinon ça devient méchant. Ce n’est pas de l’humour qui me fait rire. Pour moi, pour que ce soit drôle, on peut se permettre de les critiquer, mais il faut toujours les aimer. Parce que sinon ça devient de la méchanceté, du cynisme…
On va parler de ce spectacle : « Une nuit avec ». Comment pourriez-vous décrire ce spectacle ?
C’est un spectacle dont le point de départ est une nuit d’insomnie. Je me suis rendue compte mes passages de stand up étaient construits de la manière d’une nuit d’insomnie. C’est-à-dire que je pars d’un constat , que je vais faire dans la journée et après mon cerveau s’emballe. Je vais très très loin dans les réflexions et je passe d’une idée à l’autre, exactement comme pendant une nuit d’insomnie. Je me suis dit que j’allais construire mon nouveau spectacle de stand up dans une Nuit d’insomnie. C’est vraiment une coquetterie esthétique, on va dire, parce que la plupart des spectacles de stand up n’ont pas forcément de thématique ni même de cadre. Au détour de ça, j’aborde d’absolument toutes les questions que je peux me poser actuellement : je parle de sujets de société, je parle de politique, je parle de plein de choses… mais dans l’univers de la nuit. Ce moment invite à la folie et à la poésie. Mieux, à la rêverie . Et dedans, dans ce spectacle, il y a du stand up, des personnages, du cabaret, de la chanson, parce que mon but c’est que les gens passent un bon moment et voient un spectacle avec un grand S.
Comment se passe le processus créatif ?
Pour moi, ça part toujours d’une nécessité, d’une envie de parler, quelque chose d’important qui me tient à cœur. Et souvent ça vient de choses qui peuvent me mettre en colère ou m’agacer. Et après, je dédramatise en en riant, et c’est ça que j’ai envie de partager.
Est-ce qu’il y a des thématiques qui sont un peu plus compliquées à aborder dans l’humour ?
Oui, en l’occurrence dans ce spectacle, je parle d’avortement. Donc oui c’est un sujet lourd. Difficile à aborder sous un angle comique. Mais tous les sujets que j’aborde, si je les aborde, c’est parce que je peux faire rire avec. L’idée ce n’est jamais d’être donneur de leçon ou moralisateur. Finalement, c’est celui qui fait le plus rire. C’est paradoxal, mais c’est celui sur lequel j’ai le plus travaillé pour apporter justement de la légèreté, parce que je pense qu’on peut vraiment rire de tout en étant habile.
Après, ça amène une réflexion…
Tant mieux si ça fait réfléchir. Mais le but c’est quand même de faire rire en premier.
Et sur scène, il y a une partie d’improvisation ?
Oui, il y a de l’improvisation. En ce moment, par exemple, j’évoque le remaniement, « Le réarmement démographique », je suis en plein dedans donc oui y’a plein de choses, toujours.
Il y a aussi les chroniques sur France Inter, l’écriture est différente par rapport aux sketchs sur scène ?
Complètement, c’est complètement différent. Parce que là, pour le coup, il n’y a pas de mimiques qui entrent en jeu. Moi, mon premier métier c’est vraiment d’être comédienne, donc je sais manier les mots au service du jeu. Jouer, c’est ça que je sais faire. Après, écrire des chroniques j’ai dû apprendre à le faire parce que, à la radio, on entend seulement qu’une voix. On peut pas jouer avec des mimiques, avec des attitudes. C’est donc une autre écriture.
Quelques mots aussi sur votre role dans le téléfilm sur France 2, La Vie rêvée des autres.
C’était génial, c’est mon premier téléfilm. C’est pas du tout comique pour le coup. Pourtant c’est qu’avec des acteurs de comédie et des acteurs exceptionnels : Arthur Dupont, Charlie Bruneau, Caroline Anglade, Nicolas Lumbreras, Jean Claude Muaka… Et vraiment ça a été incroyable ! L’histoire est très glauque, mais moi ça a été mes plus gros fous rires que j’ai eu sur cette dernière année. Ça a été super de travailler avec cette équipe autour d’une fiction, et pour une fois de composer un personnage non pas au service de la comédie.
La suite, ça sera donc la tournée ?
Oui, mais une très courte pause après puisque je reprends la tournée en septembre. La suite, c’est encore des chroniques sur France Inter, encore des magnétos sur Téva, et puis j’espère qu’il y aura encore plein de belles choses qui vont arriver mais qui sont encore en développement.