mardi , 1 avril 2025

Interview – Maëlle: « Cet album représente mon émancipation, mon choix de liberté et ma nouvelle moi »

Avant sa date au Rex de Toulouse le 3 février, la chanteuse Maëlle se confie sur son nouvel album, sa tournée et son passage par The Voice. Rencontre.



Après une victoire à The Voice et un premier album produit par Calogero, Maëlle a pris le temps pour revenir à travers un deuxième album « Fil Rouge » paru à l’automne dernier. A quelques  de son passage à Toulouse, pour la première fois, la chanteuse nous a accordé un peu de son temps. A travers notre rencontre, Maëlle évoque son grand saut en concert, son émancipation à travers la musique, The Voice et son deuxième album The Voice.

La tournée a débuté ce jeudi 1er février puis vous tournerez partout en France. Dans quel état d’esprit êtes-vous au moment de partir à la rencontre du public ?

Je suis super excitée, c’est un grand saut dans le vide pour moi. C’est ma toute première tournée, donc c’est ma vraie première fois. Bon… ça serait quand même mentir de dire que je ne ressens pas un stress palpable, et que je fais souvent des cauchemars d’oublier mon texte sur scène (rires)… J’ai beaucoup travaillé pour proposer le meilleur show selon moi, donc j’ai hâte!! 

Quelle est d’ailleurs votre relation à la scène ? Avez-vous du stress ? Un peu de peur avant une date ?

J’ai commencé par la danse depuis toute petite, on faisait toujours des galas à la fin de l’année pour montrer le travail fait. C’est donc à partir de là que j’ai aimé être sur scène. J’adore l’adrénaline avant de monter, de sentir que ton coeur part dans tous les sens. Donc oui je suis souvent très stressée, mais là, entourée de mes musiciens, je sais que je suis protégée aussi avec eux, ils sont trop forts! 

Cette série de concerts est très attendue. Pourquoi avoir pris le temps avant de partir en tournée ?

Je crois qu’il fallait que je prenne confiance en moi, et ressentir de la légitimé à pouvoir monter sur scène. J’ai aussi attendu car j’ai pris du temps pour dessiner mon nouvel album Fil Rouge, j’avais aussi besoin de ce temps pour savoir ce que je voulais faire, et ce qui me rendait vraiment heureuse de montrer aux gens. 

Revenons un peu sur votre parcours. Vous gagnez The Voice puis un premier album en travaillant Zazie et Calogero notamment. Quel bilan faites-vous de ce début dans la lumière ?

Un bilant fort et fou. J’ai beaucoup appris en commençant par ça. Déjà The Voice qui est une vraie école de chant, une école de formation professionnelle. J’ai pu me lancer, rencontrer Calogero, pouvoir travailler avec Zazie qui était ma coach sur la saison, et ensuite défendre mes chansons devant tout le monde.  

Ressentez-vous encore aujourd’hui l’étiquette The Voice ? Et qu’est ce que cette émission vous a apporté musicalement ?

J’ai toujours forcément un lien avec The Voice, c’est là où les gens m’ont vu pour la première fois. Ça été mon début. Cependant, c’est sûr que j’ai envie d’évoluer et qu’on me connaisse vraiment pour ma musique, ça ça sera avec le temps! Musicalement j’ai déjà compris ce qu’était la voix, le muscle de la voix. Avant d’arriver je n’avais aucune expérience, aucune technique. J’aimais juste beaucoup chanter dans ma chambre et me cacher derrière mon piano. J’ai eu la chance de pouvoir être entourée de professionnels, et d’apprendre ce qu’est le métier de chanteur. 

Après un premier album en sortant de The Voice, vous êtes revenue avec « Fil Rouge » à l’automne dernier. Un album plus personnel, plus intime.  Qu’est ce qu’il représente pour vous ce deuxième opus ?

 Il représente mon émancipation, mon choix de liberté et ma nouvelle moi.  Ça n’a pas toujours été très simple. 

Je suis passée par pleins de phases en dessinant cet album, belles et moins belles, mais je me suis tellement découverte. J’ai fait le choix de prendre une nouvelle direction, de prendre quelques années pour le montrer au public. J’avais peur de peut être aller loin dans ma musique, et d’être à côté de ce que les gens attendaient, mais j’avais envie d’être la plus sincère possible, donc de faire ce que j’avais envie, moi. 

« Mon émancipation, mon choix de liberté et ma nouvelle moi« 

Vous avez pris le temps de le préparer pour un superbe rendu final. Est-ce que ce temps là était nécessaire et pourquoi ?

J’ai vu une interview de Lara Fabian récemment, qui dit que le temps est notre ami et qu’il est important de l’accepter. J’ai toujours eu peur de passer à côté de quelque chose car je prenais trop temps. Mais, aujourd’hui ça me prouve qu’il fallait que j’assume d’être dans le noir pendant 3 ans, et de me trouver.  La vie passe vite, mais il faut savoir se concentrer sur soi, et parfois ça peut être long, mais nécessaire! 

En interview, j’ai pu lire que pour ce nouvel album, vous avez évolué musicalement en écoutant plein de choses. Comment s’est passée cette quête ? Quelles sont vos influences et comment entrent-elles en jeu lors de la réalisation d’un album ?

Je crois que je me cherchais, donc j’écoutais énormément de choses différentes sans pour autant être à la quête de quelque chose. Dans ce deuxième album j’avais envie de mélanger pop et sonorités electro. J’ai évolué avec la musique électronique, ma vie à Paris était rythmée par des nuits bleues, des concerts mélancolique ou justement très dansants et rythmiques. Alors j’avais envie de représenter ça dans Fil Rouge. 

 Ma grosse inspiration dans cet album est London Grammar, la voix au centre mais avec une grosse production autour, des synthé modulaires mais aussi mon piano. 

Vous avez écrit et composé les chansons. Comment se passe le processus créatif chez vous ?

Ça a commencé par des idées que j’ai pu noter sur mon carnet, et des compositions au piano. La thématique n’arrive qu’une fois que j’ai trouvé les accords, car c’est ça pour moi qui donne l’émotion.  Ensuite j’ai eu la chance d’écrire avec une artiste qui s’appelle Noor, et c’est avec elle que j’ai co-écrit presque tous les textes. J’avais besoin de soutien pour cet album, pour prendre confiance en moi, et savoir que j’étais capable. On a ensuite travaillé les arrangements avec Jean Castel, toute la couleur électronique est venue après grâce à Stan, qui a été le réalisateur de tout l’album. 

« Mettre des mots sur mes maux » 

Cet album parle de sujets personnels. Est-ce plus difficile de montrer une certaine vulnérabilité en chanson ? Ou c’est comme une sorte de thérapie ?

Justement j’avais qu’une seule hâte c’était de montrer cette vulnérabilité aux yeux des gens. J’ai toujours voulu me montrer forte, sans failles. Alors que ça fait complètement partie de moi, et je suis très heureuse de pouvoir l’accepter et l’assumer. J’étais pas la personne la plus heureuse en faisant ce disque, j’étais pleine de doutes, de névroses. Ça a été thérapeutique de mettre des mots sur mes maux. 

D’ailleurs, est ce qu’il y a des thématiques dont vous n’arrivez pas encore à trouver les mots pour en faire une chanson ?

J’avais envie de faire une chanson sur l’addiction de manière générale. Mais les mots ne sont pas si faciles pour montrer à quel point c’est fort. 

Comment décrire l’atmosphère de cet album ?  Et quel titre est central pour vous ?

Je dirai que l’atmosphère est lumineuse et rempli d’espoir ! Même si ce sont des chansons parfois à thématique mélancolique ou triste, j’espère avoir réussi à montrer que la fenêtre laisse quand même rentrer un peu de lumière à l’intérieur. « Lumière de l’aube », c’est l’outro de l’album, mais elle résume parfaitement ce qu’est Fil Rouge. 

Une question que j’aime bien poser aux artistes : à quel moment sentez-vous qu’une chanson est prête à être livrée au public ?

On le sait jamais vraiment. Je crois que c’est quelque chose qu’on ressent au plus profond de nous. Pour ma part, j’avais la mauvaise habitude de retravailler toujours plus sur les chansons, d’aller jusqu’aux moindres détails pour que tout soit parfait.  Mais ce qui est parfait c’est quand on sent que c’est sincère et qu’il n’y a pas plus juste. 

C’est un album évoquant votre émancipation notamment. Vous sentez-vous libre et en harmonie avec vous même après avoir mis votre coeur sur cet album ?

Je me sens mieux oui, je suis toujours en constante découverte et construction. Mais je me sens en harmonie avec moi-même et je ne veux pas mentir. 

Je voulais évoquer un autre joli moment hors album. Aujourd’hui, on fête les 20 ans du titre Toxic de Britney Spears. Vous avez réalisé une belle reprise avec Waxx et C.Cole. Comment s’est faite la connexion et pourquoi ce morceau? Enfin, aimez-vous toujours faire des covers ( peut être sur scène ) ?

J’ai grandi avec Britney Spears. Quand j’étais petite, avec mes sœurs, on se filmait dans le grenier en faisant de faux live de nos chanteurs préférés et j’avoue que Britney Spears en faisait partie (rires) . Waax je l’ai connu durant le premier confinement, ça a commencé par des reprises sur internet et après on s’est rencontrés pour de vrai et ça été une de mes plus belles rencontres artistiques.  Donc c’était obligé de reprendre du Britney Spears avec lui!  Je crois que j’ai vraiment envie de chanter mes propres chansons sur scène, j’ai beaucoup fait de reprises, on m’a connu comme ça sur The Voice. Maintenant je fais mes chansons. 

Pour finir, quelle est la suite pour vous ? La tournée et travailler sur d’autres projets ?

La suite c’est la tournée jusqu’à milieu d’année.  Je compose et écrit de plus en plus pour d’autres artistes et j’aimerai beaucoup faire de la musique à l’image, pour de la publicité ou le cinéma. 

Maelle en concert

3 février 2024

Le REX Toulouse

Réservations : spectacles.bleucitron.net

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