jeudi , 3 avril 2025

Miossec: « Je ne suis pas un écorché vif »

Le breton Miossec sera ce soir à Toulouse à l'occasion de Détours de chant au Bikini. Si le chanteur ne se réveille plus avec la gueule de bois qui rythmait sa jeunesse, il n'a toujours pas la langue de bois.

Pourquoi avoir appelé votre dernier album "Chansons ordinaires"?
C'est tout simplement pour faire parler d'un poète du coin (ndlr:du finistère), Georges Perros, qui avait écrit "Vie ordinaire". J'apprécie beaucoup son œuvre et je souhaitais faire parler de lui.

Cet album est plus électrique que les précédents? Pourquoi? Un besoin de renouveau? de vitesse?
J'ai fais un disque différent de ce que je faisais avant, notamment du précédent album. On est jamais totalement content en réécoutant un de ses albums. Le but est de se renouveler sans cesse, sinon on s'emmerde dans le métier. Ca ne sert à rien de faire toujours la même chose. Ce n'est pas une question de perfectionnisme mais d'autocritique.

Justement, est-ce que le Miossec d'aujourd'hui est différent du Miossec de "Boire", votre premier album il y a 17ans?
A l'époque de mon premier disque je naviguais encore dans l'Atlantique. J'avais fait cet album pour jouer dans des cafés. Je n'avais rien à perdre, c'était très punk, je ne sais pas combien de micros j'ai du cassé lors de mes prestations. Tandis que mon album s'est enregistré très sobrement, comme si je débutais. Je me suis enfermé dans un studio 10 jours pour enregistrer.

Il y a 17 ans, vous lanciez une nouvelle vague rock qui allait s'abattre sur la France, y a-t'il selon vous des héritiers de cette nouvelle vague actuellement?

Non, justement, à l'époque on voulait faire du français qui ne ressemble pas à de la variété. On sentait qu'il y avait moyen de s'accaparer la langue française. J'écoute surtout des vieux groupes.

Entre émotions et franc-parler, qu'est ce qui vous inspire dans vos textes?
Le principal est d'être cohérent avec soi-même. Il faut penser à la présence scénique pour que le texte sorte naturellement. Je m'inspire de tout ce que je lis, les journaux, les poèmes, les romans,… Le problème, c 'est le radotage, j'en ai moi-même fait. C'est un métier où lorsqu'on a pas d'inspiration, on s'ennuie.

Vous n'écrivez que lorsque vous prévoyez un album contrairement à de nombreux chanteurs à textes?
Pour l'album je pousse au corps. Je n'écris pas tous les jours, je ne suis pas un poète torturé ni un écorché vif. Tout est basé sur le plaisir, je fais ça pour le "fun". Si je suis sombre quand je chante c'est juste pour évacuer. C'est l'inverse du comique qui est souvent dépressif dans la réalité. Parfois les gens me voient sourire et disent "tiens il n'est pas encore mort!".

L'alcool est l'un des thèmes les plus abordés dans vos chansons, aujourd'hui vous ne buvez plus, (ndlr: suite à une maladie) quel rapport entretenez vous avec l'alcool désormais?
A Brest il y a un bistrot par habitant! Je ne supporte pas les gens qui ne boivent pas. Même si je ne bois plus, les personnes qui "piccolent" restent mes compagnons. Je m'emmerde avec les gens qui ne déraillent pas, ceux qui boivent du coca light m'irritent! 

Après une tournée avec Yann Tiersen et la composition de textes pour Nolwenn Leroy, vous sentez vous comme un ambassadeur de la Bretagne?
Je suis avant tout Brestois et les Brestois sont particuliers sans être totalement Bretons. On a un patois local exprès pour que le reste des français ne nous comprennent pas. Mais je ne suis pas non plus un ambassadeur, la ville ne donnera jamais d'argent pour moi j'ai une mauvais image. Dans ce pays je trouve important de sauvegarder son identité régionale, c'est mieux que les gens qui se rapportent sans cesse à la hype parisienne.
 

 

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