dimanche , 6 avril 2025

Toulouse. Axelle Red :  » Je suis née idéaliste »

 

 

Axelle Red revient à Toulouse le 9 février pour un concert au théâtre du Casino Barrière. La chanteuse se confie sur son dernier album, ses coups de coeurs, ses coups de gueule et sur l'évolution de son travail. Rencontre.
 
Une artiste francophone touchante. Axelle Red a déjà publié six albums dans sa longue carrière. Sans oublier de nombreux tubes repris partout en France. Le 9 février, la chanteuse sera en concert au théâtre du Casino Barrière de Toulouse. Oscillant entre pop, variétés et soul, Axelle Red a fourni au paysage musical français de nombreux tubes. Son dernier album, " Un coeur comme le mieu" est une merveille. Rencontre avec la chanteuse belge avant son passage à Toulouse.
 
Tu reviens avec un sublime nouvel album. Comment s'est passé le processus créatif ?
J'avais envie de faire un album plus guitare avec beaucoup moins de clavier. J'ai tout composé à la guitare, peut être un ou deux sans. Je voulais aussi qu'il soit riche en arrangements avec un son Americana : un mélange roots, folk, blues et soul. Toute la chaleur de la musique noire américaine, en somme.
 
Tu as d'ailleurs enregistré l'album dans une église…
Oui, je voulais un grain particulier sur l'album. On a enregistré avec un band en 10 jours seulement, avec un gros travail de pré-production. J'habite pas loin de Bruxelles avec une grange transformée en studio d'enregistrement. Donc, j'ai commencé par des recherches là bas avant l'enregistrement.
 
C'est un retour après Jardins secrets, mais on oublie beaucoup Sisters and Empathy. Pourquoi n'a -t-il pas marché commercialement ?
Ce n'était pas un album  comme les autres, il n'a pas eu le plan promo pour une sortie commerciale. C'était voulu de ma part. C'est un mélange de protest and blues dans le vrai sens du terme. Un album pour m'accompagner dans mes actions humanitaires. Je me bats pour la cause des femmes à travers le monde. Je ne pouvais donc pas utiliser cet album dans un but commercial. Sisters and Empathy est un engagement. Je suis triste qu'on ne le connaisse pas, avec les thèmes traités comme la violence faite aux femmes et les abus qui en découlent.
 
Dans ton dernier album, il y a aussi une chanson qui va dans l'autre sens…
Oui, Mille regrets. L'histoire d'une femme qui a une culture plus favorable et elle en abuse. On ne peut pas faire aux hommes ce que l'on reproche. C'est une chanson de rupture avec une chasse comme dans le film Thelma et Louise.
 
Tu évoques un film, mais ton écriture est très cinématographique. Il y a quand même énormément de toi dans le nouvel album ?
Je peux être la personne de mes chansons. Un album parle forcément de soi. Avec drôlerie… Je ne peux pas me limiter à être juste chanteuse, je veux aussi prendre la place des mes personnages même si parfois je dis je ou elle. Au final, je suis un peu partout.
 
Tu aurais pu faire du cinéma ?
J'aurais pu jouer dans des films. Mais, je n'ai jamais cherché de ce côté là car je voulais être musicienne. Si ça n'avait pas été le cas, j'aurais sûrement fait avocate, pour défendre des causes qui me touchent. Il y a des choses qui me tiennent à cœur, et je suis frustrée de ne pouvoir que m'exprimer et renvoyer la lumière par ma personne. J'aimerais tant donner.
 
On te colle d'ailleurs une étiquette assez engagée…
C'est à dire qu'on te colle cette étiquette et ce n'est pas évident de la porter. Il faut être courageux, mais si tu en parles trop, tu fais fuir. Alors que ce n'est pas ton intérêt. On critique souvent ceux qui s'engagent.
 
Tu t'entoures, dans l'album, de grands talents comme Miossec ou Florent Marchet. C'était une évidence de travailler avec eux ?
Je cherche un équilibre dans mes chansons sur le thème de l'amour. Je me suis souvent entourée de français. Je ne voulais pas dans celui là écrire trop après m'être exprimée en anglais dans le précédent. Écrire, c'est s'isoler : ça devient lourd. Il y a une envie de partage, avec des hommes, avec qui je peux échanger des opinions et de la jolie poésie.
 
Sans oublier Stéphane Eicher.
Une question de hasard avec Stéphane. Un soir chez lui, on a joué 10 chansons assez mauvaises. Mais deux sont sorties du lot, dont l'une pour le prochain album. J'avais envie de faire une ballade meurtrière à la Nick Cave. L'homme tue la fille, toute une symbolique qui est peu évidente dans les chansons françaises en général. C’était un joli risque. Le plus étonnant, c'est que les gens aiment beaucoup cette chanson très romantique mais criminelle. On peut se permettre de faire de la fiction dans la musique. 
 
D'ailleurs, dans cet album, comme dans les autres, tu te montres engagée mais jamais donneuse de leçons. L'équilibre est-il dur à trouver ?
Quand je suis fâchée, j'ai envie de donner des leçons. J'ai un avis assez concret sur pas mal de choses. Je m'inclus dans ceux qui ont tord aussi ;tout est lié. Je suis plus forte, plus responsable. Mais les gens ne veulent pas écouter ça, ils fuient. J'ai envie de dire des choses telles qu'elles sont. Pas évident.
 
Il y a une évolution entre Jardins secrets et ce dernier ?
Tous mes albums évoluent. Une évolution importante. Une étape qu'il ne faut pas manquer entre chaque chose.  Quand on entend celui entre les deux, on comprend mieux. Je suis née idéaliste. Je passe par des phases qui ressortent dans mes albums. Je lutte en continu pour croire en un monde meilleur. Après, à quand un album romantique ? Plus tard, quand je serais dans une autre phase. J'écris dans le présent,et je fais un album sur deux un peu plus romantique. Je ne comprend les gens qui veulent du romantisme à tout prix, alors que par exemple, Adèle est déchirée .Ses textes sont durs, les gens trouvent ça beau, mais n'ont aucune empathie pour la jeune fille.
 
Tu seras à Toulouse le 9 février. Quelle est ta relation avec la scène ?
J'adore être sur scène : les chansons y prennent vie. On a été seul à trouver l'accord parfait, les paroles…on essaye d’écrire au mieux. Puis, les chansons redeviennent vivantes. Il y a une magie pure, ou pas. Rien n'est contrôlé dans un concert, j'aime cet état d'esprit. Par exemple, là je joue de la guitare, une première. J'apprends depuis 2 ans. Je m'amuse, je ne suis pas la meilleure guitariste du monde. Si ça ne m'amuse plus, je change. J'ai besoin de challenge sur scène, comme un gosse. 
 
Quel a été d'ailleurs ton premier souvenir de concert ?
Quand j'ai été voir Stevie Wonder avec ma maman. C'est assez incroyable. Après, j'ai toujours été sur scène depuis l'âge de 6 ans. Je me rappelle même d'un concert avec ma paroisse quand j'avais 9 ans…
 
Quel a été ton premier coup de cœur musical ?
« Qui a peur du grand méchant loup ? » (rires). Ou toutes les chansons de Walt Disney. J'adore les mélodies qu'on y retrouve. Ou encore West Side Story : quand tu sais jouer ça, tu sais jouer plein de choses. Je crois que ma maman a été pour beaucoup dans ma construction musicale. Elle avait beaucoup de disque de toutes les genres.
 
Enfin, il y a des choses qui t'agacent ?
Les chansons immorales. Quand le message est faux, ça me dérange franchement. Il y aussi les chansons cyniques. Après, je pourrais te parler de toutes les chansons misogynes…mais ça serait trop long.
 
Axelle Red en concert à Toulouse
Jeudi 9 février 2012 au Casino Barrière
 
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