Dimanche soir, Revolver a délivré sa pop sur la scène des Weekend des Curiosités de Toulouse. Rencontre avec l’un des membres du groupe, Jérémie.
Revolver : un groupe, trois orfèvres de la pop en France. Après des débuts en 2009, Ambroise, Christophe et Jérémie ont su se renouveler en seulement deux albums. Dimanche soir, Toulouse les découvrait sur la scène du Weekend des Curiosités. Un coup de Cœur. Rencontre avec Jérémie.
Qui est Revolver et comment est né le groupe ?
Revolver, c’est Ambroise, Christophe et moi, Jérémie. On chante tous les trois des titres pop ensemble depuis pas mal de temps et deux albums. Pour l’histoire, j’ai rencontré Ambroise quand on était tout petit vers 6-7 ans. Puis, je suis parti dans une formation classique, alors qu’Ambroise, lui, suivait un autre chemin où il a rencontré Christophe. Et, c’est Christophe qui a incité Ambroise à reprendre la musique. Après, tout s’est enchainé avec des maquettes, des titres, et nos voix. On a alors pris conscience que nos voix s’harmonisaient parfaitement.
Qu’est-ce que t’as apporté ta formation classique ?
Pour moi, c’est toute la base du violoncelle qui m’a aidé. C’est un instrument difficile. La formation et le bon prof que j’ai eu m’ont permis de maîtriser l’instrument, de jouer sans réfléchir. Ne pas chercher les notes. Le but étant de jouer sans penser. Etre spontané. Ça entraine beaucoup de boulot.
Comment s’est passé l’écriture de l’excellent nouvel album ?
Pendant toute la tournée précédente, on a commencé à écrire. On a gardé l’énergie et l’entité des versions live du premier album, pour avancer dans le nouveau. Elles sont donc plus rythmées, avec plus de batterie. Naturellement, le rythme s’est installé plus tôt dans le processus. Dans les textes, c’est surtout l’expérience de la route qui nous a nourris. On a vécu loin pendant un bon moment. Il y a d’excellents moments dans la vie d’un groupe en tournée, d’autre plus difficiles. Mais ça te permet de changer ta vision des choses. Avoir un regard neuf sur toi, et sur le reste en général. Il se passe des choses profondes en tournée qui sont difficiles à décrire.
Le deuxième album marque une continuité dans votre son mais aussi une véritable rupture. As-tu conscience de ça ?
On avait l’impression d’une rupture, mais pas conscience du son Revolver. Surtout avec un violoncelle moins présent, et plus de rythme. Dans des termes plus techniques, il y a beaucoup de changements, beaucoup plus de profondeur, plus d’instruments en général. Tout en gardant l’harmonie vocale. Quelque part, on a dessiné deux points distincts qui se relient naturellement. On pourra parler d’une véritable continuité lors du troisième album : on aura alors un plus grand nombre de points de comparaison.
Ce qui est marquant dans votre travail est l’écart entre les textes et la musique. L’essence même de la pop pour toi ?
Tout à fait. Ça nous tient à cœur. Beaucoup de groupes et d’artistes nous ont marqué dans cette ligne directrice. Les Beatles comme d’autres écrivaient des textes parfois désespérés ou tristes sur des musiques joyeuses. Une sorte d’énergie du désespoir. Quand tu arrives à mettre ça dans une chanson, tu crées une certaine profondeur. Wind Song est typiquement ce genre de chanson : dans l’énergie et dans les textes. On n’est pas pessimiste pour autant : c’est juste un état des lieux.
Les influences ont évolué sur cet album ?
Les influences sont plus variées pour celui-là. On a écouté plus de groupes, de musiques, d’albums. Dans le tour bus, on partageait une flopée de sons avec le batteur, les ingé sons et l’équipe technique. On a découvert aussi le son des années 80. Pour nous, il y avait à la base une connotation kitch autour de cette période. Des rencontres sont nées des découvertes musicales. Lors de la tournée américaine, on a découvert des groupes californiens ou encore Vampire Weekend. On avait envie d’une ambiance plus tranchée, mettre des rythmes même africains. Il fallait un nouveau souffle. En réécoutant le premier album, on le trouve un peu lisse. Il nous manquait un autre son : on l’a trouvé.
Vous prenez toujours autant de plaisir sur scène ?
C’est un exercice qu’on apprécie de plus en plus. On reste assez simple sans être sophistiqué. On ne veut pas créer un écart entre le public et nous. Le contact est facile et assez simple. On souhaite que le public se dise qu’ils ont passé plus d’une heure trente de bonheur.
Que peut-on vous souhaiter pour la suite ?
Continuer de tourner. C’est-à-dire faire des tournées géantes et assez longues. Après, j’espère qu’on pourra encore montrer notre musique au plus grand nombre. Puis, un troisième album. J’espère qu’on aura la même force que dans le deuxième. On est assez regardant sur notre travail. On se remet en question tout le temps. On n’est jamais sûr de nous. C’est un sublime métier qu’on veut poursuivre longtemps, très longtemps.