Belle et élégante. La parisienne Zaza Fournier est revenu en 2011 avec une deuxième album "Regarde-moi" oscillant entre le rock et le twist. Rencontre avec la chanteuse avant son passage à la Dynamo de Toulouse ce dimanche.
Tu reprends le chemin de la tournée. Comment te sens tu ?
En général, sur scène, je suis très heureuse. C'est un peu la rentrée après les fêtes. Comme une rentrée scolaire, je suis excitée et je me demande si je sais toujours faire. Comme pour une chanson, je me demande si c'est pas la dernière. C'est aussi comme un départ en colo où je retrouve des amis pour jouer en live. J'ai l'impression de régresser.
En 2008, tu sors un premier album éponyme. Qu'est ce qui t'as donné envie de te lancer dans cette belle aventure musicale ?
En faite, ça c'est fait au delà de moi. J’écrivais pour moi , dans mon coin alors que j'étudiais la comédie dans un conservatoire. J'ai toujours écrit. Puis Jack a vu une de mes chansons et ma demandé d'en faire d'autres. Au départ, on bossait ensemble pour le plaisir avant qu'il ne montre mes compos à d'autres personnes. On s'est donc mis à trois copains. Ils ont fait suivre le mouvement, je n'avais pas le culot de le faire au départ. Je croyais qu'il fallait des écoles ….
La musique a toujours été présente chez toi ?
Il y avait toujours de la musique à la maison. Avec mon frère, on nous obligeais à jouer d'un instrument. C'est pourquoi j'ai appris le violon. Et puis, je me souviens que le dimanche on mettait la musique à fond dans le salon. J'ai peu de souvenir du moment déclencheur…mais j'aime me rappeler de Bobby Lapointe que j'écoute encore aujourd'hui.
Dans le deuxième album, sens-tu la mutation qui s'est opéré chez toi ?
J'ai vraisemblablement passé une espèce d'étape. J'ai pour l'instant zéro recul avec ce que je fais. Je travaille naturellement en suivant mon désir. En même temps, je crois qu'après une tournée de 200 dates seules et en acoustique, j'avais envie de bosser avec d'autre personne. Sentir une nouvelle émulation autour de moi. Je commençais sur la fin de ma première tournée à lorgner sur une bande où le doute peut être canaliser par les autres. C'est riche autrement. Le premier, j'avais 19 ans le deuxième 26, donc il y a aussi eu des mutations dans ma vie et ça sonne dans l'album.
L'album est très personnel sur certains titres…
Oui, c'est assez libérateur dans le sens ou je peux formuler, mettre un mot sur mes sentiments…
Le titre correspond donc parfaitement à cet état d'esprit. S'est-il imposé par lui même ?
Assez vite, oui. Ce qui me plaisait, en plus d'être une chanson sur une femme face à celui qu'elle désir, c'est que je l'ai composé avec mon guitariste sur la fin de la dernière tournée. On était en balance en train de faire quelques reprises, puis il a joué quelque notes comme ça. J'étais très excité par les reprises. J'ai alors baragouiné quelques mots qui sont devenus Regarde-moi. En plus, on était seul dans une salle vide. Ça évoque ma relation avec mon public et le fait de prendre la parole sur scène.
Il y a une chanson très personnelle « Maman » qui évoque beaucoup de choses à l'écoute. Est-elle difficile à jouer sur scène ?
Elle est difficile car c'est un moment différent. Elle est aussi bien compliqué à placer dans un set, avec ce moment d'intimité, que vocalement. Les autres m'ont révélés des sens que je n'avais pas en tête au moment de l'écriture. Je n'avais pas envisager ces choses là. Très vite, j'ai été dépassé par la chanson. Maintenant, que j'y repense, ça devient bizarre de la jouer. C'est même assez compliqué. Pourtant, je n'ai pas encore le recul nécessaire.
Dans ton album, il y a aussi Vodka Fraise. On a l'impression que t'aime particulièrement ce titre.
C'est par période. Après la Vie à deux, je suis assez contente que Vodka Fraise soit mis en avant. Je prend toujours autant de plaisir pour chaque chanson. C'est toujours différent. Au départ, je trouve tout génial, c'est comme je le rêvais. J'y trouve par la suite des défauts. Mais je suis toujours satisfaite du sens et de ce qu'elles racontent.
D'ailleurs, tu dis ne pas avoir de recul, mais comment se passe le processus de création ? Tu écris en continue ou par période ?
J'écris souvent. Parfois, je n'y arrive pas. C'est des moments assez angoissant où tu te retrouves devant une coquille vide. L'écriture est une gymnastique. Plus j'écris mieux j'écris. C'est un mouvement pendant un mois du jour à la nuit. Je suis pas du style à me lever pendant la nuit avec une idée. Il y a des moment d'évidence…
Sur scène, tu reprends, notamment lors de la première tournée, des titres d'autres artistes. C'est une liberté que tu te donnes ?
En général, ça n'a pas une place centrale. Reprendre un titre permet de faire découvrir mon univers au public. J'y apporte mon regard avec mon interprétation. Ce n'est pas très créatif de faire du copier coller d'un titre original. J'essaye d'être créative. Lors de ma première tournés, c'était important de faire découvrir une chanson d'Elvis à l'accordéon. J'adorais faire ça.
Un live te procure de meilleurs sensations qu'un enregistrement ?
Je crois que c'est ce que je préfère. On ne fige rien. On a la sensation d'avancer. Enregistrer un album c'est très satisfaisant pour l'égo. Tout à coup le live te ramène à l'essentiel. On est pas grand
Quels sont tes projets pour l'avenir ? Un nouvel album rapidement ?
Je ne sais pas. J'ai envie de ne pas y penser. Je ne souhaite pas non plus me presser. Par contre, une chose est sure, c'est que j'aimerais couper la logique d'un album une tournée. Je ferais sûrement un troisième mais mon actu reste la tournée.
Tu a fait un conservatoire de comédienne, prendras-tu un jour le chemin du théâtre ou du cinéma ?
Si on me le propose pourquoi pas. Cela dépend du désir de l'autre. C'est la différence avec la musique, on n'attend pas le désir d'une tierce personne..on peut jouer dans des bars, seule.
Zaza Fournier en concert à Toulouse
Dimanche 5 février à 19h à la Dynamo de Toulouse
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